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Blog du Maire du Gué d'Alleré

samedi 27 novembre 2010

Congrès national des Maires de France





Le 93ème Congrès de l'AMF a eu lieu du 23 au 25 novembre 2010,

J'y étais et voici les principaux discours

LE THÈME: QUEL ROLE ET QUELS MOYENS
POUR LES COMMUNES ET LEURS INTERCOMMUNALITÉS ?

Mardi 23 novembre

Séance solennelle d’ouverture

Intervention de Monsieur Bertrand DELANOE, maire de Paris

Monsieur le Président de la République,

Monsieur le Président du Sénat,

Mesdames et messieurs les ministres,

Monsieur le Président de l'Association des

maires de France, cher Jacques,

C'est donc la dixième année que j'ai l'honneur et

l'immense plaisir de vous accueillir et, à chaque

fois, il y a une excellente ambiance au congrès

des maires de France.

Toutes les années ne se ressemblent pas, mais

toutes les années, c'est bien la France qui est

réunie ici dans sa diversité.

Maires de communes rurales, de communes

urbaines, de petites, de grandes communes,

dans notre diversité, nous sommes tous

également légitimes et nous sommes tous

représentatifs des souffrances, des espérances

et de l'envie de nos concitoyens de trouver les

chemins pour vivre ensemble.

J’ai donc le plaisir, comme chaque année, de

vous souhaiter la plus chaleureuse des

bienvenues à Paris, et j'espère que pendant ces

trois jours, nous allons nous apprendre les uns

aux autres, nous épauler, et que nous serons

plus forts à l'issue de ce congrès pour faire vivre

la démocratie locale, pour faire surtout avancer

des solutions qu'attendent nos concitoyens,

celles et ceux qui nous élisent, que nous soyons

de droite ou de gauche.

J'ai l'impression que dans cette période

particulière, ils nous demandent du sens

collectif, de la vérité, des résultats et sans doute

aussi de la solidarité entre nous.

Pour ces quelques mots, finalement, j'ai envie

de vous dire les réflexions que je ramène d'un

autre congrès, des maires du monde où nous

étions plusieurs milliers, beaucoup de Français, de

droite comme de gauche, réunis à Mexico, pendant

quatre jours, représentant plus de trois milliards

d'êtres humains et où les maires des cinq

continents ont travaillé sur des sujets voisins des

thèmes du congrès d'aujourd'hui.

Et je voudrais faire référence à deux de ces

thèmes.

- D'abord, le rapport que nous avons adopté est

unanime, de droite et de gauche, Chinois, Français,

Américains. C'est un rapport très important sur

l'autonomie financière des collectivités locales.

Quelles que soient nos différences, maires,

responsables, désireux d'aboutir dans nos projets,

nous avons adopté des analyses et des

propositions convergentes sur l'autonomie

financière des collectivités locales.

- Deuxième sujet, qui nous a réunis, d'ailleurs, avec

une certaine force dimanche matin, là aussi maires

du monde entier, là aussi maires français, de droite

et de gauche – qui voulez-vous que je cite ?

Bordeaux, Grenoble, Nantes… Il y avait la droite et

la gauche – pour nous adresser respectueusement

mais de manière exigeante et constructive aux

chefs d'Etat dans la perspective du sommet de

Cancun.

Oui, nous les maires, nous avons une

responsabilité, une conviction et des propositions

par rapport à un enjeu qui nous paraît vital, le

réchauffement climatique, parce que dans nos

villes, déjà nos politiques de logements, de

déplacements, sont inspirées par les plans climat

que nous avons adoptés pour faire face à cette

menace bien réelle.

Ces maires du monde entier, qu'ont-ils dit ? Ils

ont dit leur regret de l'échec de Copenhague et

ils ont dit leur volonté d'apporter une contribution

à un succès, même relatif, de la réunion des

chefs d'Etat de Cancun dans six jours.

Et il y avait le maire de Los Angeles. Il y avait le

maire de Canton en Chine, en même temps que

tant et tant de maires d’Amérique latine et

d'Afrique, qui ont des choses extrêmement

fortes à nous dire en complémentarité de ce que

nous ressentons nous-mêmes dans la lutte

contre le réchauffement climatique.

Qu'avons-nous dit ? D'abord, nous avons fait

référence à une phrase que me disait Kofi

ANANN lorsque j'allais lui présenter cette

fameuse association que j'ai présidée pendant

dix ans. Il me disait : « Sur bien des sujets et, en

particulier, pour faire reculer la pauvreté, les

problèmes sont mondiaux et les solutions sont

locales ».

Nous disons donc, dans la perspective de ce

sommet majeur de Cancun, que nous voulons

tous ensemble prendre nos responsabilités pour

changer. Nous, représentants des collectivités

locales, nous demandons à prendre notre part.

Nous mettons sur la table les initiatives déjà

prises pour réduire notre consommation

énergétique.

Nous mettons sur la table nos responsabilités

déjà prises pour revoir nos politiques de

déplacement dans les villes.

Nous prenons nos responsabilités pour

diversifier nos sources d'énergie, faire appel à

l'énergie solaire, à la géothermie, à l'éolien.

Nous mettons sur la table nos réalisations et

nous disons aux chefs d'Etat, représentants de

la diversité de la démocratie locale, que nous

souhaitons être des partenaires, je le redis,

exigeants, volontaires mais constructifs.

Car nous souhaitons que ce sommet de Cancun

nous aide tous à évoluer positivement dans le

sens d'une conception de la ville, où réside plus

de la moitié de l'humanité, de manière à

apporter des solutions concrètes.

Chers amis, chers collègues,

Si, sur ces sujets et notamment le dernier que je

viens d'évoquer, nous avons une légitimité, nous ne

prétendons pas apporter toutes les solutions pour

résoudre les problèmes. Mais nous savons que les

acteurs de la vie locale et, en particulier, de la vie

communale sont incontournables pour apporter un

progrès à la vie de nos concitoyens.

Chers amis, tout cela est possible, si nous sommes

guidés par trois notions :

- D'abord, le respect : respecter nous-mêmes nos

interlocuteurs et leur demander de nous respecter.

- Ensuite, la confiance. Après tout, nous ne faisons

pas que du bien mais nous n'échouons pas dans

tous les domaines et je crois que quelles que soient

nos étiquettes politiques, nous avons une certaine

crédibilité auprès de nos concitoyens.

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les

ministres, faites-nous un peu confiance, à nous, les

maires.

- Troisièmement, la solidarité. Je parlais il y a un

instant de la solidarité internationale. La solidarité

entre nous.

Je suis maire d'une ville qui a un certain nombre de

ressources et j'essaie à tous les moments de mon

mandat de pousser toujours plus loin la solidarité

financière.

Comme maire de Paris, je le dis d'abord pour la

métropole parisienne mais je le dis en sachant ce

que cela signifie, la solidarité financière, quand

c'est le maire de Paris qui réclame plus encore de

péréquation.

Mes chers collègues, mes chers amis, je souhaite à

notre congrès une belle réussite.

J'espère que jeudi nous dirons que le congrès de

l'Association des Maires de France en 2010 était

une formidable réussite.

Je suis sûr que ce congrès sera réussi s'il donne

plus de puissance encore à ces trois notions :

respect, confiance solidarité.