
Le 93ème Congrès de l'AMF a eu lieu du 23 au 25 novembre 2010,
J'y étais et voici les principaux discours
Séance solennelle d’ouverture
Intervention de Monsieur Bertrand DELANOE, maire de Paris
Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Président du Sénat,
Mesdames et messieurs les ministres,
Monsieur le Président de l'Association des
maires de France, cher Jacques,
C'est donc la dixième année que j'ai l'honneur et
l'immense plaisir de vous accueillir et, à chaque
fois, il y a une excellente ambiance au congrès
des maires de France.
Toutes les années ne se ressemblent pas, mais
toutes les années, c'est bien la France qui est
réunie ici dans sa diversité.
Maires de communes rurales, de communes
urbaines, de petites, de grandes communes,
dans notre diversité, nous sommes tous
également légitimes et nous sommes tous
représentatifs des souffrances, des espérances
et de l'envie de nos concitoyens de trouver les
chemins pour vivre ensemble.
J’ai donc le plaisir, comme chaque année, de
vous souhaiter la plus chaleureuse des
bienvenues à Paris, et j'espère que pendant ces
trois jours, nous allons nous apprendre les uns
aux autres, nous épauler, et que nous serons
plus forts à l'issue de ce congrès pour faire vivre
la démocratie locale, pour faire surtout avancer
des solutions qu'attendent nos concitoyens,
celles et ceux qui nous élisent, que nous soyons
de droite ou de gauche.
J'ai l'impression que dans cette période
particulière, ils nous demandent du sens
collectif, de la vérité, des résultats et sans doute
aussi de la solidarité entre nous.
Pour ces quelques mots, finalement, j'ai envie
de vous dire les réflexions que je ramène d'un
autre congrès, des maires du monde où nous
étions plusieurs milliers, beaucoup de Français, de
droite comme de gauche, réunis à Mexico, pendant
quatre jours, représentant plus de trois milliards
d'êtres humains et où les maires des cinq
continents ont travaillé sur des sujets voisins des
thèmes du congrès d'aujourd'hui.
Et je voudrais faire référence à deux de ces
thèmes.
- D'abord, le rapport que nous avons adopté est
unanime, de droite et de gauche, Chinois, Français,
Américains. C'est un rapport très important sur
l'autonomie financière des collectivités locales.
Quelles que soient nos différences, maires,
responsables, désireux d'aboutir dans nos projets,
nous avons adopté des analyses et des
propositions convergentes sur l'autonomie
financière des collectivités locales.
- Deuxième sujet, qui nous a réunis, d'ailleurs, avec
une certaine force dimanche matin, là aussi maires
du monde entier, là aussi maires français, de droite
et de gauche – qui voulez-vous que je cite ?
Bordeaux, Grenoble, Nantes… Il y avait la droite et
la gauche – pour nous adresser respectueusement
mais de manière exigeante et constructive aux
chefs d'Etat dans la perspective du sommet de
Cancun.
Oui, nous les maires, nous avons une
responsabilité, une conviction et des propositions
par rapport à un enjeu qui nous paraît vital, le
réchauffement climatique, parce que dans nos
villes, déjà nos politiques de logements, de
déplacements, sont inspirées par les plans climat
que nous avons adoptés pour faire face à cette
menace bien réelle.
Ces maires du monde entier, qu'ont-ils dit ? Ils
ont dit leur regret de l'échec de Copenhague et
ils ont dit leur volonté d'apporter une contribution
à un succès, même relatif, de la réunion des
chefs d'Etat de Cancun dans six jours.
Et il y avait le maire de Los Angeles. Il y avait le
maire de Canton en Chine, en même temps que
tant et tant de maires d’Amérique latine et
d'Afrique, qui ont des choses extrêmement
fortes à nous dire en complémentarité de ce que
nous ressentons nous-mêmes dans la lutte
contre le réchauffement climatique.
Qu'avons-nous dit ? D'abord, nous avons fait
référence à une phrase que me disait Kofi
ANANN lorsque j'allais lui présenter cette
fameuse association que j'ai présidée pendant
dix ans. Il me disait : « Sur bien des sujets et, en
particulier, pour faire reculer la pauvreté, les
problèmes sont mondiaux et les solutions sont
locales ».
Nous disons donc, dans la perspective de ce
sommet majeur de Cancun, que nous voulons
tous ensemble prendre nos responsabilités pour
changer. Nous, représentants des collectivités
locales, nous demandons à prendre notre part.
Nous mettons sur la table les initiatives déjà
prises pour réduire notre consommation
énergétique.
Nous mettons sur la table nos responsabilités
déjà prises pour revoir nos politiques de
déplacement dans les villes.
Nous prenons nos responsabilités pour
diversifier nos sources d'énergie, faire appel à
l'énergie solaire, à la géothermie, à l'éolien.
Nous mettons sur la table nos réalisations et
nous disons aux chefs d'Etat, représentants de
la diversité de la démocratie locale, que nous
souhaitons être des partenaires, je le redis,
exigeants, volontaires mais constructifs.
Car nous souhaitons que ce sommet de Cancun
nous aide tous à évoluer positivement dans le
sens d'une conception de la ville, où réside plus
de la moitié de l'humanité, de manière à
apporter des solutions concrètes.
Chers amis, chers collègues,
Si, sur ces sujets et notamment le dernier que je
viens d'évoquer, nous avons une légitimité, nous ne
prétendons pas apporter toutes les solutions pour
résoudre les problèmes. Mais nous savons que les
acteurs de la vie locale et, en particulier, de la vie
communale sont incontournables pour apporter un
progrès à la vie de nos concitoyens.
Chers amis, tout cela est possible, si nous sommes
guidés par trois notions :
- D'abord, le respect : respecter nous-mêmes nos
interlocuteurs et leur demander de nous respecter.
- Ensuite, la confiance. Après tout, nous ne faisons
pas que du bien mais nous n'échouons pas dans
tous les domaines et je crois que quelles que soient
nos étiquettes politiques, nous avons une certaine
crédibilité auprès de nos concitoyens.
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les
ministres, faites-nous un peu confiance, à nous, les
maires.
- Troisièmement, la solidarité. Je parlais il y a un
instant de la solidarité internationale. La solidarité
entre nous.
Je suis maire d'une ville qui a un certain nombre de
ressources et j'essaie à tous les moments de mon
mandat de pousser toujours plus loin la solidarité
financière.
Comme maire de Paris, je le dis d'abord pour la
métropole parisienne mais je le dis en sachant ce
que cela signifie, la solidarité financière, quand
c'est le maire de Paris qui réclame plus encore de
péréquation.
Mes chers collègues, mes chers amis, je souhaite à
notre congrès une belle réussite.
J'espère que jeudi nous dirons que le congrès de
l'Association des Maires de France en 2010 était
une formidable réussite.
Je suis sûr que ce congrès sera réussi s'il donne
plus de puissance encore à ces trois notions :
respect, confiance solidarité.